À Fleury-Mérogis, le nombre de femmes radicalisées a doublé en six mois

À Fleury-Mérogis, le nombre de femmes radicalisées a doublé en six mois

Il y a désormais 10% de prisonnières radicalisées à la maison d'arrêt pour femmes de Fleury-Mérogis, en région parisienne. (Ici le 29 octobre 2015 - Illustration)

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Orange avec AFP, publié le mardi 15 novembre 2016 à 14h42

Alors qu'elles n'étaient que neuf au mois de juin, le nombre de prisonnières radicalisées à Fleury-Mérogis est passé 23 en novembre selon BFMTV. Une situation qui s'explique par la multiplication des dossiers terroristes impliquant des femmes.

En France, environ 1.400 détenus sont considérés comme radicaux.

Si elles sont minoritaires, les femmes n'en sont pas moins concernées. La maison d'arrêt pour femmes de Fleury-Mérogis, dans l'Essonne, compte notamment parmi ses prisonnières les trois suspectes dans l'attentat déjoué à la bonbonne de gaz à Paris et Anne Clain, la sœur du terroriste Fabien Clain, qui a revendiqué les attaques du 13 novembre, écrouée en septembre dernier pour avoir voulu rejoindre le jihad en Syrie. Et elles sont loin d'être les seules : entre juin et novembre le nombre de détenues radicalisées a plus que doublé passant de neuf à 23 sur un total de 240, soit 10% de la population carcérale, révèle ce mardi 15 novembre BFMTV.



Mais face à cette forte augmentation, la prise en charge au sein de la prison n'a pas eu le temps de s'adapter. "L'augmentation des femmes radicalisées au sein de la détention a entraîné plusieurs difficultés", explique Marcel Duredon, du syndicat FO pénitentiaire, à la chaîne d'information. "La première, c'est l'augmentation du prosélytisme au sein de la détention et le second point c'est la prise en charge difficile pour le personnel puisqu'ils sont face à des femmes qui sont très déterminées, qui font preuve d'une violence verbale extrême."

Pour l'ancien juge du pôle anti-terrorisme du parquet de Paris Marc Trévidic, il faut mieux évaluer le profil de ces prisonnière. "Sur ces femmes-là, vous allez en avoir trois-quatre qui vont faire du prosélytisme aux autres et qui auront un impact très important. Il faut vraiment qu'on évalue les gens avec des professionnels, qu'on voit leur degré de radicalisation pour voir les gens qui ont envie même de sortir de ça".

BFMTV rappelle que le Garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas avait annoncé fin octobre la création d'un dispositif spécial, d'une centaine de places au total, pour les femmes radicalisées, avec une évaluation organisée à Fleury-Mérogis. Néanmoins rien n'a été mis en place pour le moment. Dans le même temps, le gouvernement avait mis fin à l'expérimentation des quartiers pénitentiaires dédiés aux détenus radicalisés après l'agression de deux surveillants par l'un d'entre eux.

 
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