Des pommes de terre Amflora de BASF.
- © Press photo BASF
Les cultures d'OGM ne sont pas les bienvenues dans l'Union européenne: c'est ce que vient de conclure le groupe de chimie allemand BASF, qui a décidé de recentrer ses activités de biotechnologies sur les marchés américains. "Il y a encore un manque d'acceptation [des OGM] dans une grande partie de l'Europe - de la part de la majorité des consommateurs, des agriculteurs et des responsables politiques", se justifie l'entreprise dans un communiqué.
Cette décision a plusieurs conséquences. D'abord, BASF stoppe la commercialisation des semences d'Amflora, une pomme de terre génétiquement modifiée dont la culture est autorisée dans l'UE depuis 2010. Celle-ci n'était pas destinée à l'alimentation humaine mais visait à produire de l'amidon, notamment pour l'industrie papetière.
L'Amflora avait été plantée sur environ 300 hectares en 2010, en Allemagne, Suède et République tchèque, et seulement sur deux hectares en 2011, en Allemagne uniquement.
Reste le maïs Mon 810...
Cette pomme de terre est l'un des deux OGM ayant été cultivés à but commercial dans l'UE l'an dernier, avec le maïs Monsanto 810. Ce dernier redeviendra donc le seul OGM cultivé commercialement dans la zone en 2012 dans une poignée de pays, en tête desquels l'Espagne.
Mais pas en France a priori: Nathalie Kosciusko-Morizet, la ministre de l'Environnement, a annoncé lundi que le gouvernement prendrait fin février une nouvelle clause de sauvegarde pour interdire cette culture, juste avant les semailles. La précédente a permis à la France d'empêcher les cultures de ce maïs sur son territoire depuis 2008 mais a été invalidée par le Conseil d'Etat en 2011.
BASF annonce qu'il poursuivra tout de même les processus d'homologation déjà entamés pour d'autres OGM auprès des instances européennes, par exemple pour la pomme de terre Fortuna, destinée cette fois à l'alimentation humaine. Mais le groupe explique que même si l'UE autorisait les cultures de Fortuna, il ne se lancerait pas dans l'aventure.
Il compte transférer le siège de sa filiale "BASF Plant Science" de Limburgerhof, en Allemagne, à Raleigh, en Caroline du Nord, aux Etats-Unis. Et supprimer 140 emplois sur le continent, en Allemagne et en Suède. L'association écologiste Les Amis de la Terre a salué "un nouveau camouflet pour les promoteurs" des OGM.
Rappelons que si seul un OGM demeure pour l'instant cultivé commercialement dans l'UE, plusieurs dizaines d'entre eux (maïs, soja, colza, etc.) sont importés et se retrouvent donc dans les aliments destinés au bétail comme aux humains.
Aurélie Blondel (Bazikpress)