Des camions de pompiers devant l'enceinte de la centrale nucléaire de Fessenheim le 5 septembre.
- © Sebastien Bozon (AFP)
L'incident s'est produit mercredi vers 15h. Dans un bâtiment de la centrale nucléaire de Fessenheim, en Alsace, une manipulation d'eau oxygénée a provoqué des projections liquides et un dégagement de vapeur. Les pompiers sont intervenus.
Selon EDF, "les 9 personnes présentes dans les locaux ont été examinées et ne présentent aucune blessure". Deux agents "ont simplement une irritation sur les doigts", a indiqué Thierry Rosso, le directeur de la centrale, dans une conférence de presse.
Le ministère de l'Ecologie parle d'un "incident de nature chimique (...) sans enjeu de sureté". Il a demandé à l'Autorité de sûreté nucléaire et à EDF un "rapport complet", qui doit être "rendu public".
Ce qui s'est passé n'est pas encore tout à fait connu. L'incident a eu lieu lors d'une "opération de préparation de réactifs chimiques destinés au traitement des effluents liquides" [déchets] de la centrale" avant leur rejet dans le Grand Canal d'Alsace, a détaillé jeudi l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire. De l'eau oxygénée est utilisée pour ce traitement, "pour neutraliser des composés chimiques".
"Lors du transfert de la solution d'eau oxygénée vers une cuve du système de traitement", un "dégagement de vapeurs et des projections liquides sont survenus", dit l'IRSN, sans préciser l'origine mais en ajoutant qu'il n'y a eu ni incendie, ni "conséquence pour l'environnement", ni implication de "matières radioactives".
"La fermeture, c'est maintenant"
A 19h mercredi, l'incident était "clos". Mais pas la polémique. Mise en service en 1977, Fessenheim est la plus ancienne centrale de France et la plus visée par les critiques des anti-nucléaires. François Hollande a promis sa fermeture en 2017.
L'Autorité de sûreté nucléaire exige dans tous les cas que soient effectués avant mi-2013 des travaux pour épaissir la dalle de béton sur laquelle est construit le réacteur. L'association Stop Fessenheim et les autres "anti" dénoncent le coût des travaux et refusent que soit maintenue plus longtemps en activité une centrale qui "chiffre trois fois plus de problèmes que les autres unités françaises".
Outre son âge, son exposition aux risques sismiques et d'inondation est pointée du doigt. "A l'époque de la construction de ce réacteur, les préoccupations étaient principalement d'aménagement du territoire et de faisabilité technique, la sûreté ne faisant pas grande question", a d'ailleurs fait remarquer Jacques Repussard, directeur général de l'IRSN, lors d'une audition début juillet à l'Assemblée nationale.
"La fermeture, c'est maintenant", a commenté Sandrine Bélier, député européenne Europe écologie-Les Verts, sur son compte Twitter mercredi soir. "A dix jours de l'ouverture de la conférence environnementale, cet incident vient montrer l'urgence d'engager la France dans une transition énergétique", estime Greenpeace.
Vous, qu'en pensez-vous?
Aurélie Blondel (Bazikpress)