Deux canards gisent au pied d'un chasseur à l'ouverture de la chasse le 21 août 2011, à Saint-Étienne-de-Montluc.
- © AFP (Jean-Sebastien Evrard)
La semaine a été "très chasse" à l'Elysée et au Parlement, s'est félicité la Fédération nationale des chasseurs dans un communiqué. Le 2 février dernier, en effet, les sénateurs ont voté à la quasi-unanimité une proposition de loi visant à simplifier les règles encadrant la chasse.
Trois jours plus tôt, Nicolas Sarkozy et la ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, avaient répondu à plusieurs revendications des chasseurs. Mais là où ceux-ci parlent de "modernisation" de la législation, les associations de protection de l'environnement dénoncent de l'électoralisme.
Le texte passé au Sénat reconnaît tout d'abord le rôle de la chasse comme un instrument efficace de gestion de la biodiversité. Il élargit également le domaine du chasseur sur l'ensemble du territoire national.
Lors de ses voeux au monde rural, Nicolas Sarkozy avait critiqué des règles environnementales trop "tatillonnes". Il a donc décidé de lever certaines limitations, comme les moratoires qui interdisaient la chasse du courlis, de l'eider à duvet et du vanneau huppé. Par ailleurs, le chef de l'Etat a choisi d'autoriser les chasseurs du Nord à chasser une semaine plus tôt, en raison des conditions climatiques dans leur région.
Chasse aux oies?
Le point le plus sensible reste probablement la question de la chasse aux oies. Fin décembre, le Conseil d'Etat avait préconisé d'avancer la date de clôture pour la chasse à certaines oies du 10 février au 31 janvier au plus tard. Face à la colère des chasseurs, le président de la République a finalement demandé un arrêté l'autorisant "aux fins d'études scientifiques" entre le 1er et le 10 février.
La fédération des chasseurs se félicite de voir que pour Nicolas Sarkozy, la chasse est "une part de l'identité française qui mérite le respect". De son côté, la Ligue de protection des oiseaux (LPO) regrette que cette décision ait été prise "sans évaluation scientifique du GEOC" (Groupement d'Etudes sur les Oiseaux Chassables). Dans le magazine Le Point, Frédéric Lewino ironise: "Chacun sait que la meilleure façon d'étudier scientifiquement un animal, c'est de le tuer."
A quelques mois de l'élection présidentielle, le parti écologiste, le seul à avoir voté contre le texte au Sénat, voit dans ces mesures un "braconnage électoraliste", selon les mots de Dominique Voynet, porte-parole de la candidate Eva Joly.
D'après vous, fallait-il assouplir les règles encadrant la chasse?