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Question d'avenir - 12/08/2012

Faudrait-il chasser les requins à La Réunion?

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La Préfecture de la Réunion a décidé d'organiser la capture de 20 requins après une série d'attaques La Préfecture de la Réunion a décidé d'organiser la capture de 20 requins après une série d'attaques - © © Vladoskan

Deux attaques de requins, dont une mortelle, en 15 jours et 8 au total en l'espace d'une vingtaine de mois. Une série noire sans précédent pour la l'ile de La Réunion, qui a poussé la préfecture à ordonner la capture de 20 squales.

Mais la mesure, destinée à calmer les esprits, ne satisfait ni les surfeurs, qui la jugent trop timorée, ni les associations écologistes: elles y voient le prélude à une traque systématique qui serait catastrophique pour la biodiversité de l'île.

Officiellement, cette pêche n'a qu'un but scientifique. Objectif: étudier la présence de ciguatera, une toxine qui avait rendu il y a quelques années la viande des requins tigres et bouledogues impropre à la consommation. Du coup, ces espèces agressives ne sont plus pêchées. De quoi expliquer leur présence anormale si près des côtes?

Des Réunionnais incriminent plutôt la Réserve naturelle marine, qui longe les rivages touristiques, devenue selon eux, un véritable garde-manger à proximité duquel des prédateurs se seraient sédentarisés. Faux, rétorque son Conseil scientifique, qui assure que le nombre de poissons n'y a pas augmenté depuis sa création en 2007.

Bracelets magnétiques
L'association Sea Shepherd ne conteste pas cette possibilité mais vise d'autres responsabilités. "Quand vous avez, à proximité d'une réserve naturelle marine, à la fois des bouches d'égout et une ferme aquacole, les facteurs de risque sont décuplés", explique au Point Lamya Essemlali, la directrice de l'ONG pour la France.

Comme de nombreux autres spécialistes, elle met en avant la surpêche, qui inciterait les requins à chercher de nouveaux territoires, et la pratique croissante des activités nautiques. Reste que la Réunion n'avait connu qu'une seule attaque de requin entre 2000 et 2010.

Il faut donc rappeler aux surfeurs qu'ils ne doivent pas sortir en eau trouble, en particulier à l'aube et au crépuscule, moments propices aux attaques. Mais, aucune solution miracle n'existe. Les filets disposés autour des plages en Australie et en Afrique du sud - un quart du total des attaques de requin en 2011 - ont bien prouvé leur efficacité. Mais les dauphins et les tortues s'y retrouvent coincés. Pire, ces proies deviennent des appâts pour les prédateurs qui viennent d'autant plus s'y aventurer.

Pour ne pas rester sur les dents, les "vigies-requins", qui patrouillent, sur une planche ou en apnée, pour sécuriser les zones à risque, pourraient être étendues à la Réunion.
Des boucliers anti-requins, ces bracelets magnétiques portés par les surfeurs et qui repoussent les squales sans les blesser, commencent aussi à faire la preuve de leur efficacité. Le dispositif coûte aujourd'hui la bagatelle de 500 euros.

Vous, qu'en pensez-vous?

Damien Dubuc (Bazikpress)
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