Les roses vendues en hiver ont un lourd bilan carbone.
- © Elnur
La rose? C'est toujours la vedette de la Saint-Valentin. Rouge de préférence, elle symbolise la passion. Dommage pour les écolos, car ce n'est pas vraiment une fleur de saison sous nos latitudes.
Conséquence: les roses vendues par millions en France cette semaine ont un lourd impact sur l'environnement. Soit elles viennent de loin, du Kenya, de Colombie, ou encore d'Equateur. Soit elles ont poussé dans des serres chauffées et éclairées, aux Pays-Bas notamment.
Dans les deux cas, les émissions de gaz à effet de serre sont considérables. Et si les fleurs produites sur d'autres continents gardent, malgré l'avion, une longueur d'avance en ce qui concerne le bilan énergétique, elles provoquent bien d'autres dégâts.
Les produits chimiques utilisés contribuent à polluer l'eau et les sols. L'exemple du lac Naivasha, au Kenya, est à ce titre devenu emblématique. "Le lac est de plus en plus pollué par les pesticides, engrais et autres produits destinés à nettoyer et désinfecter les sols avant la plantation de nouveaux rosiers à la vie éphémère, mourant de surproduction", décrit sur Mediapart.fr le journaliste Claude-Marie Vadrot, auteur du livre Des fraises en hiver.
L'or? Pas mieux!
"Cette pollution est encore accrue par les pompages d'eau qui font baisser le niveau du lac et y augmentent par conséquent la concentration de produits nocifs, produits s'accumulant également dans les puits des agriculteurs de la région", poursuit-il.
Des pesticides qui représentent un danger direct pour la santé des travailleurs de ces fermes et des populations locales. Que faire? Choisir par exemple des fleurs labellisées bio. Le hic, c'est qu'elles sont difficiles à trouver. Ou jeter son dévolu sur des fleurs de saison, comme les tulipes, les anémones, les renoncules, en demandant au fleuriste d'où elles viennent.
Vous renoncez aux fleurs pour la Saint-Valentin et décidez de passer plutôt chez le bijoutier? Attention, alerte le WWF, "l'or n'est pas vert" et ses origines souvent "douteuses". Lors d'une enquête menée l'an dernier, l'association a montré qu'une écrasante majorité des acteurs de l'industrie de la bijouterie (fabricants, distributeurs, etc.) ne savaient pas d'où venaient leur or.
Le risque est donc gros d'acheter de l'or que des orpailleurs illégaux auront extrait en utilisant du mercure, en Guyane par exemple. Ce "poison très toxique s'accumule dans les cours d'eau et contamine toute la chaîne alimentaire, des poissons jusqu'à l'homme", rappelle le WWF.
Il ne vous reste plus qu'à écrire un poème...
Aurélie Blondel (Bazikpress)