La perte est colossale mais reste à distance respectable des références en la matière, toutes entreprises françaises confondues, à savoir France Télécom et Vivendi, qui avaient perdu respectivement 20,7 et 23,3 milliards d'euros en 2002, pour des raisons totalement différentes de celles qui ont affecté Dexia.
La cession de Dexia Banque Belgique, la banque de détail en Belgique, a notamment coûté 4 milliards d'euros de moins-value, tandis que les provisions sur l'exposition à la Grèce ont pesé 3,4 milliards.
Quant à la cession de l'activité de prêts aux collectivités en France, deuxième grand volet du plan de démantèlement validé début février, elle coûte 984 millions de moins-value supplémentaire.
Plus tôt dans l'année, la banque avait tenté d'accélérer son programme de cessions de portefeuilles pour solder une partie de ses errements passés, avec à la clef, une charge exceptionnelle de 2,6 milliards.
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Cela ne l'aura pas empêché de solliciter une nouvelle fois la protection des Etats belge, français et luxembourgeois, étranglée par les conséquences de la crise de la dette en zone euro.
Pour lui permettre de mener à bien son démantèlement, les trois Etats ont validé le principe d'une garantie de 90 milliards d'euros sur ses emprunts.
La France a également garanti une partie des pertes que pourrait encourir la filiale portant les prêts consentis aux collectivités françaises et entrera même indirectement à son capital.
La banque avait déjà perdu 3,3 milliards d'euros en 2008, année de son premier sauvetage par les Etats français, belge et luxembourgeois alors qu'elle ne parvenait plus à emprunter sur les marchés, situation similaire à celle qui a causé sa perte cet automne.
Plombée par sa trop forte dépendance aux marchés pour se financer ainsi que par un portefeuille d'obligations gigantesque qui comprenait une importante exposition à la Grèce, Dexia a vu plusieurs de ses contreparties (établissements qui lui prêtaient de l'argent) se détourner d'elle à la fin de l'été 2011.
"C'est la décision de Moody's qui a conduit au démantèlement" de la banque, a résumé Pierre Mariani, administrateur délégué, en référence à l'annonce de l'agence de notation, le 3 octobre, qui menaçait d'abaisser la note de Dexia car elle craignait pour sa liquidité.
Cette décision a poussé les investisseurs en relation avec Dexia à annuler l'intégralité de leurs prêts à court terme sans garanties, soit 20 milliards d'euros, en l'espace d'une semaine, a expliqué le patron de la banque.
Acculé, le groupe a dû massivement faire appel aux banques centrales pour survivre, augmentant ses emprunts auprès de ces institutions de 17 milliards d'euros entre fin juin et fin décembre 2011, notamment via une facilité d'urgence (ELA).
A la fin de l'année, le montant de ses emprunts auprès des banques centrales atteignait 31 milliards d'euros, selon le communiqué publié jeudi. Le groupe "s'efforcera de réduire ce montant", en fonction de sa capacité à émettre de la dette sur les marchés grâce à la garantie des Etats, précise-t-il.
"Nous avons payé et nous payons au prix fort les conséquences des excès du passé", a lancé M. Mariani, en référence à la constitution du portefeuille géant d'obligations entre 2006 et 2008.
"Je ne vais pas revenir sur le passé, (...) vous savez ce que j'en pense", a-t-il ajouté, en référence à la gestion de l'équipe qui l'a précédé et a été débarquée au moment du premier sauvetage, à l'automne 2008.
A la Bourse de Paris, l'action Dexia reculait de 4,56% à 0,29 euro, dans un marché stable peu avant 12H30 (11H30 GMT).

