Le 2 novembre 2009, le ministre Eric Besson lance son site destiné à recueillir les avis des Français, le lendemain le Front National ouvre sa propre page Internet, intitulée "le vrai débat sur l'identité nationale". Preuve que le parti d'extrême-droite a l'intention de surfer sur la vague du débat, quitte même à en tirer parti. "Le gouvernement a cru qu'il pouvait contrôler le débat, mais comme il y a une vraie crise identitaire, qui correspond à une vraie demande des Français, il ne pourra pas le museler", déclarait alors Marine Le Pen. La vice-présidente du FN avait auparavant demandé la tenue d'un Grenelle de l'identité ainsi qu'une rencontre avec le président Sarkozy. Des requêtes restées sans réponse. Mais cette polémique pourrait bien relancer le FN en vue des prochaines élections régionales, lui donner "un coup d'accélérateur" estime Marine Le Pen. Dans Le Monde du 18 décembre, le directeur adjoint du département opinion de l'Ifop, Jérôme Fourquet, estime que "ce débat apporte de l'eau au moulin de l'extrême-droite. On voit bien que l'UMP patine et que le FN se refait une santé sur cette thématique. L'immigration et la sécurité, qui ont toujours été le moteur du vote frontiste, n'étaient plus au centre du débat public". Certaines personnalités politiques de droite avaient, dès le départ, mis en garde le gouvernement contre une telle reprise politique. La présidente du Parti chrétien-démocrate (PCD) et ancienne ministre de Nicolas Sarkozy, Christine Boutin, dénonçait "le piège" du débat qui "ne peut que redonner de l'oxygène" au Front National. François Baroin estimait, de son côté, que cette question de l'identité nationale "ne peut que servir le FN". Et Marine Le Pen semble l'avoir bien compris. Elle juge même que "l'UMP a été prise à son propre jeu".
Besson tire un premier bilan