Si le débat sur l'identité nationale est au coeur de l'actualité depuis plusieurs semaines, il semble qu'il est progressivement glissé vers la question de la place de la religion musulmane dans la société française. Et plusieurs personnalités politiques de la majorité semblent avoir contribué à cette confusion. Brice Hortefeux d'abord qui, lors de l'université d'été de l'UMP, a déclaré à propos d'un jeune militant maghrébin: "C'est notre petit Arabe [ ... ] Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes." La polémique a continué avec les propos du maire de la petite commune de Gussainville, André Valentin, qui jugeait le débat sur l'identité nationale "indispensable", ajoutant – en référence aux immigrés – qu'il était "temps qu'on réagisse parce qu'on va se faire bouffer. Il y en a déjà dix millions [ ... ]. Dix millions qu'on paye à ne rien foutre." Dernier dérapage en date: celui de Nadine Morano. Au cours d'un débat organisé dans les Vosges sur le thème de l'identité nationale, la secrétaire d'Etat à la famille a donné sa propre définition du "bon" musulman français. "Ce que je veux d'un jeune français musulman, c'est qu'il aime la France, qu'il travaille, qu'il ne parle pas verlan et qu'il ne mette pas sa casquette à l'envers", a-t-elle déclaré, provoquant un tollé général. La question de l'interdiction de la burqa dans l'espace public, pour laquelle le président UMP à l'Assemblée nationale, Jean-François Copé, souhaite déposer une proposition de loi, ou encore le vote sur les minarets en Suisse – dont la construction devrait désormais être interdite – ont également eu des répercussions sur la scène politique française, créant parfois un climat tendu au sein même de l'UMP. Alors que l'ancien garde des Sceaux, Pascal Clément, jugeait que "le jour où il y aura autant de minarets que de cathédrales en France, ça ne sera plus la France", la secrétaire d'Etat chargée des Ainés, Nora Berra, quittait tout simplement la salle, rappelant l'importance de la "laïcité" dans notre pays.
Ce qu'en pensent les Français