Depuis le lancement du débat, les pétitions circulent sur Internet et dans la presse. Pour exprimer leur mécontentement, des dizaines d'intellectuels, écrivains, artistes et responsables politiques ont répondu, début décembre, à l'appel de Mediapart intitulé "Nous ne débattrons pas". Fort de plus de 44 000 signataires, cet appel exhorte à "refuser le débat organisé par le pouvoir", estimant que c'est "une machine de division entre les Français et de stigmatisation envers les étrangers". Martine Aubry (PS), Olivier Besancenot (NPA), José Bové (Europe Ecologie), Marie-Georges Buffet (PC), Corinne Lepage (Modem), Dominique de Villepin (UMP), ou encore Marie N'Diaye, Guy Bedos, Raymond Aubrac, Philippe Torreton ont ainsi exprimé leur désaccord face au débat lancé par le gouvernement. Le 21 décembre, c'était au tour de SOS Racisme de lancer la pétition "Arrêtez ce débat Monsieur le Président" avec 140 personnalités de gauche et des milieux culturels. "Dans notre pays, comme dans toutes les grandes démocraties, le racisme n'est pas une opinion, c'est un délit", soulignait le texte. Les signataires demandaient à Nicolas Sarkozy de mettre fin aux réunions sur le thème de l'identité nationale organisées en France "sans quoi la République française que vous représentez aura fait le choix de laisser se tenir en son sein et avec son assentiment un débat de nature à briser durablement les fondements de notre vivre ensemble." Allant plus loin, vingt chercheurs avaient lancé, début décembre, une pétition pour la suppression du ministère de l'Identité nationale, publiée dans Libération, arguant qu'il "met[tait] en danger la démocratie" et "introdui[sait] dans notre pays un risque d'enfermement identitaire et d'exclusion dont on mesure, chaque jour, […] la profonde gravité."
La majorité divisée