
"On ne trouve pas forcément les meurtriers car il y a une sorte d'inventivité criminelle. En plus, ils font en sorte de ne pas laisser trop de traces. L'opinion ne comprend pas toujours qu'il est souvent difficile de retrouver les auteurs de crimes, c'est un travail lent, long et approfondi. Les services de police, qui sont par ailleurs remarquables, ne sont peut être pas à la pointe du progrès. Et le système de la preuve n'est pas au point en France. Les imperfections techniques de certaines enquêtes s'ajoutent à des contraintes procédurales. Des télescopages ne permettent pas toujours d'obtenir l'ensemble des éléments pour identifier l'auteur du crime. L'ADN, grâce aux outils modernes qui permettent de le questionner, est un moyen de faire surgir des vérités que l'on croyait jusque là impossibles. Très peu d'erreurs sont possibles. Mais il y a un danger : quand aucun ADN n'est dégagé dans une scène de crime, les jurés doutent. Lorsqu'on ne trouve pas l'ADN, le citoyen a l'impression qu'il n'y a pas de preuve formelle. Il ne faut pas oublier de se concentrer sur les autres preuves. L'ADN est une garantie absolue mais on n'en trouve pas toujours. L'inventivité criminelle évolue aussi et les meurtriers vont de plus en plus faire attention à ne pas laisser d'ADN sur les scènes de crime. Malgré tout, l'ADN reste une preuve indubitable. Je ne crois pas que de nombreuses affaires non-élucidées vont revenir devant les tribunaux et je ne voudrais pas que seuls les dossiers emblématiques ressortent. Mais tout ce qui est de nature à favoriser la recherche de la vérité, tel que l'ADN, est bon à prendre." (Son dernier livre "Et si on jugeait les juges ?" vient de paraître aux éditions Mordicus)