
"L’engouement du public pour ce type d’affaires s’explique, selon moi, par l’identification. Celle aux victimes d’abord qui est la plus évidente : je m’intéresse à cette affaire car ça peut m’arriver à moi aussi. Celle plus honteuse aux criminelles avec la question "est-ce que je suis capable de faire ça ?". Il y a également derrière cette attirance un aspect plus malsain et voyeuriste. Dans "Faites entrer l’accusé", on a une ambition finalement assez modeste de raconter une affaire du début à la fin en étant fidèle à la réalité de l’enquête. Ensuite, si cela permet d’expliquer certaines choses, tant mieux, mais notre volonté première est juste de raconter. L’ADN est la solution depuis un peu plus de 10 ans, depuis que l’on peut en extraire sur de toutes petites parcelles de traces humaines et le comparer à des fichiers centralisés d’empreintes génétiques. On le voit dans l’émission où l’on a traité d’affaires datant d’avant et d’après cette époque. L’ADN précipite les enquêtes, permet des résolutions et des arrestations plus rapides. C’est sûr, l’ADN a changé la phase de l’enquête policière et bouleverse aussi l’avenir des émissions de traitement des faits divers. Les enquêtes sont plus rapides et s’éloignent des affaires de "bande de flic" faisant appel à leur propre flair. Effectivement, certains dossiers vont revenir devant les tribunaux mais ils y resteront moins longtemps. Grâce à l’ADN, qui est une preuve incontestable, les procès seront plus rapides, un plus grand nombre d’affaires seront résolues et cela de manière moins aléatoire."