"Omar m'a tuer". Cette phrase à la conjugaison défaillante devenue célèbre fait référence au meurtre de Ghislaine Marshall le 23 juin 1991. Lardée de coups de couteau, cette veuve âgée de 65 ans est retrouvée morte dans la chaufferie du sous-sol de sa villa La Chamade située sur les hauteurs de Mougins, dans les Alpes-Maritimes. Tout accuse son jardinier marocain, Omar Raddad. La phrase écrite avec le sang de la victime qui semble désigner le coupable, les tensions avec sa patronne à propos d'une avance financière et même les dires de la voisine du jardinier qui nie l'avoir vu rentrer chez lui le jour des faits. Mais l'enquête va connaître de nombreux bouleversements et Omar Raddad a toujours récusé avoir assassiné Ghislaine Marshall. Lors d'un premier procès en 1994, il est condamné à 18 ans de réclusion criminelle. Sur demande pressante du roi du Maroc, Hassan II, le président Chirac accorde une grâce partielle à Omar Raddad le 10 mai 1996, réduisant ainsi sa peine de 7 ans et 8 mois. Deux années plus tard, le jardinier, qui a eu un comportement irréprochable en prison, bénéficie d'une mesure de libération conditionnelle. Dans le but d'obtenir un nouveau procès et d'être réhabilité, il dépose une requête en révision en janvier 1999. Une nouvelle expertise graphologique est ordonnée et les deux experts se disent incapables de certifier que la victime, Ghislaine Marshall est l'auteur des inscriptions. Deux thèses s'affrontent : ceux pour qui la veuve a trouvé la force de désigner son assassin juste avant de mourir et la défense qui considère que le véritable tueur a utilisé la main de Ghislaine Marshall pour accuser Omar Raddad. En février 2001, la justice annonce que l'ADN masculin retrouvé sur la porte de la chaufferie n'est pas celui du jardinier marocain. Malgré ses nouveaux éléments, le 20 novembre 2002, la cour de révision confirme la culpabilité d'Omar Raddad excluant ainsi tout nouveau procès.
Antoine: Des soupçons mais pas de preuves