Cette affaire débute après la disparition de plusieurs militaires à proximité de la ville de Mourmelon-le-Grand (Champagne-Ardenne) entre 1980 et 1987. Parce qu'ils n'étaient pas rentrés au camp suite à des permissions, leurs disparitions avaient au départ été classées en procédure de désertion. Mais le 8 août 1987, le corps d'un jeune touriste irlandais, Trevor O'Keeffe, est retrouvé dans un bois de la commune d'Alaincourt (02). Rapidement, les enquêteurs font le lien : l'auto-stop et l'homosexualité semblent être les dénominateurs communs entre ces disparitions. Marié et père de trois enfants, un certain René A est inquiété pendant de longs mois. Diverses affaires de moeurs lui sont reprochées et 24 auto-stoppeurs se plaignent d'avoir subi ses avances. La suite des évènements le mettra définitivement hors de cause. Le 9 août 1988, un jeune homme ligoté et bâillonné est découvert sur la couchette arrière du combi Volkswagen appartenant au militaire Pierre Chanal. Ce touriste hongrois, Baläzs Falvay, raconte qu'il a été pris en stop puis violemment attaché avec une sangle avant de subir des sévices sexuels. La fouille du combi permettra la découverte de 27 cheveux, de poils pubiens et de liquide séminal attestant de la présence de plusieurs individus. Interrogé sur ses relations avec les disparus de Mourmelon, Pierre Chanal se mure dans le silence. Condamné en 1990 pour viol, séquestration et attentat à la pudeur sur la personne de Baläzs Falvay, Pierre Chanal est libéré pour bonne conduite en 1995. L'enquête piétine mais les avancées de la science permettront d'identifier clairement les cheveux de Patrice Denis, Patrick Gache et Trevor O'Keeffe. Pour les cinq autres disparus, il n'y a que des présomptions. Le 15 octobre 2003, à la veille de son procès, Pierre Chanal se suicide, laissant devant lui une affaire non-résolue.
Jonathan: Un meurtre mais pas de piste