Il suffit d'évoquer le nom de Patrick Dils pour resituer cette affaire qui apparaît comme l'une des plus grandes erreurs judiciaires françaises. Le 29 septembre 1986, deux enfants, Cyril Beining et Alexandre Beckrich, sont retrouvés morts le long d'une voie de garage de la SNCF à Montigny-lès-Metz (Moselle). Travaillant non loin de là , le jeune Patrick Dils, âgé de 16 ans, est interpellé à la sortie de son travail. Après 36 heures de garde à vue et plusieurs jours d'interrogatoires musclés, il finit par avouer le meurtre avant de se rétracter auprès de son avocat. Ecroué à la maison d'arrêt de Metz-Queuleu, Patrick Dils est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en janvier 1989. Mais la persévérance de ses parents conduit deux avocats parisiens à se repencher sur l'enquête en 1996. Ces derniers s'interrogent sur le cas "Francis Heaulme". L'adjudant-chef de gendarmerie de Rennes, Jean-François Abgrall, leur transmet un procès-verbal de 1992 faisant état de l'emploi du temps de Francis Heaulme, le jour du meurtre, où le tueur en série déclare « avoir effectué une promenade à vélo le long d'une voie de chemin de fer dans l'Est de la France, avoir reçu des pierres jetées par deux enfants, être parti, puis repassé sur les lieux quelques minutes plus tard, où il aurait vu les corps des deux enfants près de wagons non loin de poubelles et d'un pont ». Face à ce nouvel élément, l'avocat Me Jean-Marc Florand dépose une requête en révision en mars 1998. Des nouvelles investigations sont ordonnées l'année suivante. Lors d'un deuxième procès en 2001, la perpétuité de Patrick Dils est transformée en une peine de 25 ans de réclusion. Il faudra attendre le 24 avril 2002 pour assister à son acquittement. Des preuves montrent alors que Patrick Dils n'a pas eu le temps de commettre ce crime. Francis Heaulme est mis en examen, le 26 juin 2006, pour "homicides volontaires" dans l'enquête sur le meurtre des deux enfants de Montigny-lès-Metz. Mais un non-lieu est prononcé en avril 2007 car l'ADN retrouvé sur le pantalon saisi au domicile du tueur en série ne correspond pas à celui des jeunes victimes.
La disparition d'Estelle Mouzin