
" Aujourd'hui, je ne suis pas personnellement touché par la crise économique, car je profite encore du succès de Séraphine. Mais je sais ce qu'est la galère financière: j'ai fait mon premier film avec rien, puis mon second long métrage, Le Ventre de Juliette, avec presque rien. J'étonne tout le monde quand j'explique que Séraphine n'a coûté que trois millions et demi d'euros. Pour moi, c'était déjà une somme considérable. La vie d'artiste est de toute façon difficile. Mais je viens de revenir du Liban, où il est quasi-impossible de financer un film, et je me rends compte à quel point les Français sont privilégiés. Nous avons la chance d'avoir un CNC qui, grâce aux succès de productions commerciales, peut faire vivre un cinéma plus ambitieux. C'est un système extraordinaire qui perdurera tant que tout artiste, qu'il fasse une comédie populaire ou de l'Art et Essai, sera exigeant dans son travail. Quant à la crise, l'essentiel est de ne pas se poser en victime mais de comprendre pourquoi nous nous trouvons dans cette situation, afin de réajuster le tir. "