Les chroniques du futur les chroniques du futur

sport

Le foot, super-business et supers clubs

Avec, en tête d’affiche pour les Français, le choc opposant l’Olympique lyonnais (OL) aux Luxembourgeois du Grand Duché, champions d’Europe en titre. Une rencontre à haut risque pour les Rhodaniens, donnés d’ailleurs majoritairement perdants à 3 contre 1 chez les parieurs. A affiche exceptionnelle, cagnotte exceptionnelle, puisque le bon pronostic (avec les buteurs) pourrait rapporter jusqu'à 2,5 millions d’euros. Pas moins de 10 millions de parieurs sont attendus pour ce match.

Image: Lario Tus ShutterStock

Côté terrain, l’équipe, entraînée par le doyen des entraîneurs français, Raymond Domenech (73 ans), pourra compter sur tout son effectif et ses sept internationaux français. De son côté, la formation luxembourgeoise coachée par José Mourinho (62 ans) alignera sa pléiade de stars, et notamment le meneur de jeu tricolore Enzo Zidane, dernier Ballon d’Or.

Autant dire que la tâche s’annonce ardue pour les Lyonnais qui vont, en outre, devoir affronter dans les semaines à venir le grand Manchester United de Sir Eric Cantona et le Real de Madrid, finaliste l’année passée.

Les Lyonnais auront d’autant plus à cœur de bien figurer dans cette compétition que, comme leur a rappelé leur inamovible président Jean-Michel Aulas (75 ans), l’avenir économique du club en dépend. Seul représentant tricolore dans la compétition, le Olympique Lyonnais a du montrer patte blanche pour faire partie des 32 élus. Un dossier de candidature accepté dans un premier temps avant le grand oral devant les sages de la Mission économique pour le développement du football européen (MEDEF). Avec un budget annoncé de 400 millions d’euros, un actif joueurs (valeur des joueurs en cas de transfert) estimé à plus de 600 millions d’euros et l’engagement d’apporter des recettes publicitaires (à hauteur de 45 millions d’euros pour le premier tour), l’OL a fini de convaincre les 21 membres du MEDEF.

Ce qui n’a pas été le cas des deux autres clubs tricolores postulants à la compétition: le FC Gironde Métropole et le Grand Paris FC. Deux clubs retoqués par la MEDEF, leurs budgets prévisionnels étant jugés «pas assez rentables». De quoi en tout cas alimenter une nouvelle fois les rumeurs d’OPA, notamment venant d’Arabie Saoudite, en ce qui concerne le club de la capitale, et provoquer une chute des actions des deux groupes en bourse. Les deux clubs ont aussitôt démentis les rumeurs et par un communiqué commun ont regretté «qu’à l’instar des grands clubs européens, les clubs français ne puissent pas défiscaliser les primes de matchs versés aux joueurs.» Primes dont le montant explose depuis plusieurs saisons.

Un coup dur en tout cas pour le champion de France et son dauphin, qui se voient donc pour la troisième fois consécutive refuser l’accès à la compétition. Ils se contenteront donc de la deuxième division européenne dans la Qatar Cup, aux côtés de l’Olympique de Marseille, victorieux de la dernière Coupe de la Ligue. Ils y retrouveront les champions des pays classés entre le 32e et le 96e rang de l’indice économique des clubs.

Car les équipes françaises relégués à deuxième plan tardent à combler leur retard sur les «grands» clubs. En effet depuis plusieurs décennies, de réforme en réforme, de cotation en bourse en business rentabilisé, le foot a fini par écrémer. Et l’Emirates Champion’s League a fini par s’imposer comme un club privé très select réservé aux seuls nantis.

Une très rémunératrice compétition qui promet à chaque club qualifié d’engranger pas moins de 150 millions d’euros lors du premier tour. Des recettes issues des droits TV, des paris sur le Net, de la publicité, des primes (victoire et match nul) et, pour une plus faible partie, des guichets du stade. Tant mieux car le Dubaï stadium de Décines sonnera creux mardi soir, 30.000 billets seulement ayant trouvé preneurs (soit la moitié de la capacité de l’enceinte lyonnaise). De quoi prouver, s’il en était encore nécessaire, les limites de cette très lucrative compétition. 

Etienne Labrunie


Saisir ou copier/coller l'interview Orange Actus du futur

le 18 novembre 2009, par Slate.com

Vos réactions

Réagissez à cet article

Archives

ou
dossier animés