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La Formule1 survoltée

Attention, grand prix sous haute tension. Pour la saison 2025, le grand cirque de la F1 s’apprête à vivre sa plus grande révolution: le passage au tout électrique. Les vingt-six voitures s’élanceront donc sur la piste d’Abu Dhabi avec des «piles» neuves sous le capot. Il s’agit en fait de batteries au lithium offrant en moyenne une autonomie de 200 km. Les dépassements seront favorisés par une batterie extra, rechargeable grâce à l’énergie cinétique produite par les freinages, et qui offrira une puissance supplémentaire pendant 7 secondes. La vitesse des bolides n’est en rien altérée (ils peuvent atteindre jusqu’à 360 km/h en pointe), pas plus que leur aérodynamisme ou leur performance d’une façon générale.

photo Copyright : Shutterstock / Jaywarren79

Cette évolution, annoncée de longue date et mise sur la table lors du sommet sur le climat de 2018 (Copenhague V), a été très bien accueillie dans les paddocks et par les patrons de la fédération internationale (FIA) qui y voient un bel argument pour attirer de nouveaux curieux. Au-delà de la symbolique, elle est porteuse de beaucoup d’espérances pour les constructeurs, contraints également de miser sur l’électrique depuis quelques années. Aujourd’hui, on estime à 10% le parc automobile électrique en France. La Formule 1 devrait donc jouer un rôle pionnier et finir de convaincre les plus réticents, notamment en matière de performance.

Reste la course en elle-même. Pas ou peu de changements devraient intervenir en matière de règlement et du déroulement. Les F1 restent soumises à des contrôles stricts et devront toutes afficher un poids minimum de 600 kilos, pour une largeur maximale de 1,80m (pneus montés). Ce qui est autorisé sur le plan technique et ce qui ne l'est pas sera également clairement défini. Concernant la course, les arrêts aux stands risquent fort en tout cas d’attirer l’attention. Les techniciens ou mécaniciens ne sont plus obligés de porter des combinaisons ignifugées, tout risque d’incident lié à l’essence étant éliminé. Enfin un système de changement de batterie quasi instantané sera mis en place afin de conserver des arrêts au stand d’une dizaine de secondes comme cela était le cas auparavant.

Il faudra aussi convaincre les plus sceptiques sur les capacités des voitures. A l’essai depuis plusieurs années, les monoplaces électriques sont tout aussi performantes. Pour s’en convaincre, il suffit de constater les prouesses réalisées aux essais par le quadruple champion du monde Bruno Seina sur sa Ferrari ou sa rivale italienne Gianluca Ferraro sur Mercedes.

Les plus ronchons regrettent également l’absence de bruits et des vrombissements caractéristiques de chaque moteur. Pour ces nostalgiques, certains organisateurs de grands prix ont déjà prévu de diffuser en fond sonore les bruits du mythique V12 Ferrari, notamment, référence en la matière. Ce sera notamment le cas lors du prochain grand prix à Pékin. A l’inverse, les ingénieurs se réjouissent de ne plus avoir à s’isoler phoniquement et de pouvoir dialoguer de vive voix plutôt que par micros interposés.

Il était une fois la révolution. Et elle ne devrait pas s’arrêter là. En effet, plusieurs écuries semblent se pencher sérieusement sur les monoplaces solaires, dont les batteries pourront être rechargées en partie par des panneaux solaires souples placés sur la carrosserie de la voiture. A suivre.


le 21 January 2010, par Etienne Labrunie

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